
Les marchés pétroliers affichent une stabilité précaire ce lundi, alors que les prix restent sous pression, proches de leurs niveaux les plus bas depuis le début de l'année. Cette situation est largement attribuée à une dégradation de la confiance des consommateurs aux États-Unis, conséquence directe des politiques économiques mises en œuvre par l'administration Trump.
Actuellement, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, s'établit à 74,60 dollars, enregistrant une légère hausse de 0,25 %. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI), également pour livraison en avril, gagne 0,20 % pour atteindre 70,55 dollars, après avoir ouvert à 69,80 dollars, son niveau le plus bas depuis décembre dernier.
Les inquiétudes concernant la demande de pétrole se sont intensifiées suite à la publication d'un rapport de l'Université du Michigan, qui a révélé une chute significative de la confiance des consommateurs en février. L'indice de confiance a chuté à 64,7, contre 71,7 en janvier, marquant une baisse de 10 % en un mois et de près de 16 % sur un an. Ce chiffre est également inférieur à l'estimation préliminaire de 67,8, publiée le 7 février, qui avait déjà pesé sur les marchés.
En tant que premier consommateur mondial de pétrole, les États-Unis jouent un rôle crucial dans la dynamique des prix. Les anticipations négatives concernant la demande américaine continuent d'influencer les cours du brut, exacerbant les craintes d'un surplus sur le marché.
Le nickel stagne près de son plus bas niveau en quatre ans
Parallèlement, le marché du nickel reste sous pression, avec des contrats à terme se maintenant autour de 15 500 dollars la tonne. Ce niveau est proche du plancher de quatre ans de 15 000 dollars, atteint à plusieurs reprises ces deux derniers mois. Les marchés évaluent actuellement si les réductions de production envisagées par l'Indonésie, qui pourrait réduire ses quotas d'extraction de nickel à 150 millions de tonnes cette année, suffiront à équilibrer un marché en surabondance.
Malgré ces réductions potentielles, le rebond limité des prix indique que les acteurs du marché s'attendent à ce que l'offre de nickel demeure excédentaire. L'Indonésie, qui a interdit l'exportation de minerais de nickel en 2020, a vu une explosion du nombre de fonderies, passant de quatre à 44 en une décennie. De plus, l'émergence de nouvelles technologies par les producteurs chinois de batteries, qui n'utilisent pas de nickel, assombrit encore les perspectives pour ce métal.
L'acier se maintient près de son plus haut niveau depuis un mois
En revanche, le marché de l'acier affiche des signes de résilience, avec des contrats à terme sur les barres d'armature se stabilisant à 3 300 CNY la tonne, proche de leur plus haut niveau en un mois. Cette dynamique est soutenue par des attentes croissantes de demande en provenance de Chine, où les autorités locales ont mis en place un fonds de 50 milliards de CNY pour acquérir des maisons et des terrains invendus, une initiative visant à soutenir le secteur immobilier.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de relance budgétaire, alors que les nouvelles émissions d'obligations d'État ont doublé en janvier. Malgré un climat protectionniste croissant, les perspectives d'exportation de la Chine restent robustes, grâce à des niveaux de capacité de production élevés. En décembre, la Chine a exporté 9,7 millions de tonnes d'acier, marquant une augmentation annuelle de 26 %, et clôturant ainsi une année 2024 record pour le pays.
En résumé, alors que le pétrole fait face à des défis liés à la confiance des consommateurs, le nickel lutte contre une surabondance sur le marché, tandis que l'acier bénéficie d'une demande soutenue en Chine, illustrant la complexité et l'interconnexion des marchés des matières premières.
Les prix des matières premières ont évolué de manière mitigée la semaine dernière
Les prix des matières premières ont connu une évolution mitigée la semaine dernière, influencés par des craintes d'inflation liées aux tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump, ainsi que par des tensions géopolitiques, notamment en rapport avec le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Les politiques commerciales de Trump et la position délicate de la Réserve fédérale (Fed) compliquent les prévisions de prix et alimentent les pressions inflationnistes.
Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a souligné les progrès réalisés pour réduire l'inflation, qui avait atteint des niveaux record en 2022, tout en notant que l'incertitude économique et les politiques tarifaires de l'administration Trump pourraient avoir des répercussions. Par ailleurs, le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, a averti que les droits de douane américains de 10 % pourraient nuire aux relations bilatérales entre les États-Unis et la Chine.
Dans le domaine des métaux précieux, l'or a atteint un nouveau sommet à 2 954,89 $ l'once, enregistrant une hausse de 1,7 % pour la huitième semaine consécutive, soutenu par les inquiétudes inflationnistes et les tensions géopolitiques. L'argent et le palladium ont également progressé, tandis que le platine a reculé de 1,1 %.
Le cuivre, en revanche, a chuté de 2,1 % après que Citigroup a abaissé ses prévisions de prix pour les six à douze mois à venir, en raison d'une diminution de la probabilité que des tarifs douaniers réciproques soient appliqués prochainement. D'autres métaux comme l'aluminium, le nickel, le zinc et le plomb ont enregistré des hausses modérées.
Sur le marché pétrolier, le Brent a baissé de 0,7 % à 73,9 dollars le baril, en raison d'une augmentation des stocks de pétrole brut aux États-Unis, qui a dépassé la demande. La production quotidienne de pétrole brut américain a augmenté, renforçant les craintes d'un excédent d'offre mondiale.
Le prix du gaz naturel a, quant à lui, grimpé de 12,6 % en raison de prévisions de conditions climatiques extrêmes en Amérique du Nord.
Sur le plan agricole, la Chine a dévoilé un plan de revitalisation rurale pour 2025, tandis que le ministère américain de l'Agriculture a annoncé le déblocage de 20 millions de dollars de fonds pour les agriculteurs. Les prix des céréales ont varié, avec une légère hausse du maïs et une baisse du blé, tandis que le riz a chuté de 3 % en raison de l'insatisfaction des agriculteurs thaïlandais face aux mesures de soutien.
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