La Bourse de Paris a connu une chute spectaculaire vendredi, alors que les marchés réagissaient avec une inquiétude croissante à la réponse de la Chine aux droits de douane imposés par les États-Unis.

Le CAC 40 a terminé la séance en baisse de 4,26 %, soit une perte de 324 points, s'établissant à 7274 points.
Cette chute marque la pire performance de l'indice depuis mars 2022, effaçant ainsi tous les gains réalisés depuis le début de l'année.
Réaction de la Chine aux droits de douane américains
Le gouvernement chinois a annoncé qu'il imposerait des droits de douane de 34 % sur toutes les importations de biens américains à partir du 10 avril.
Cette décision fait suite à l'annonce par le président américain Donald Trump de nouvelles taxes sur les produits chinois, portant les droits de douane à un total de 54 %.
La Chine a également saisi l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester ces mesures, soulignant la gravité de la situation.
Cette escalade des tensions commerciales a suscité des craintes quant à une guerre commerciale prolongée, avec des implications potentielles pour la croissance économique mondiale.
Impact sur les marchés financiers
La réaction des marchés a été immédiate et brutale.
Après une chute initiale de 5 %, le CAC 40 a terminé la journée en forte baisse, tandis que d'autres indices européens ont également été touchés.
À Francfort et Londres, les marchés ont enregistré des baisses de 4,95 %, tandis que Milan a chuté de 6,53 %.
La Bourse suisse a perdu 5,14 % et Madrid 5,83 %, des niveaux de baisse non vus depuis le début de la pandémie de Covid-19.
Les valeurs bancaires ont particulièrement souffert, avec BNP Paribas chutant de 6,82 % et Société Générale de 10,45 %.
Les analystes soulignent que la baisse des taux d'emprunt long, en raison des perspectives économiques dégradées, nuit aux marges des banques, exacerbant ainsi la chute de leurs actions.
Les investisseurs craignent que la hausse des droits de douane n'entraîne une augmentation des coûts pour les entreprises, ce qui pourrait se traduire par une hausse des prix pour les consommateurs.
**Résultats d'entreprises et perspectives économiques
Parmi les entreprises, Saint-Gobain a enregistré une baisse de 7,74 %, tandis qu'ArcelorMittal a perdu 8,45 %.
Schneider Electric a également vu son action chuter de 6,65 %, tandis qu'Airbus a perdu 7,04 %.
TotalEnergies, le géant pétrolier, a vu son action reculer de 6,24 %.
En revanche, le groupe agroalimentaire LDC a dépassé ses objectifs de chiffre d'affaires, mais a tout de même vu son action reculer de 2,68 %.
Sur le plan macroéconomique, le rapport sur l'emploi américain a révélé la création de 228 000 emplois en mars, bien au-dessus des attentes de 137 000.
Ce chiffre témoigne d'une certaine résilience du marché de l'emploi, malgré les tensions commerciales croissantes.
Cependant, le taux de chômage a légèrement augmenté à 4,2 %, et les salaires ont progressé de 3,8 % sur un an, ce qui pourrait indiquer une pression inflationniste accrue.
Les économistes s'inquiètent de l'impact potentiel des droits de douane sur les prix à la consommation, ce qui pourrait freiner la consommation et, par conséquent, la croissance économique.
A suivre la semaine prochiane
La semaine prochaine, les traders resteront attentifs à l'évolution de la guerre commerciale, évaluant l'impact des droits de douane sur l'inflation et la croissance économique.
Aux États-Unis, les données sur l'indice des prix à la consommation (IPC) et l'indice des prix à la production (IPP) seront scrutées de près, tout comme les minutes de la Réserve fédérale (Fed) qui pourraient donner des indications sur la politique monétaire future.
Les investisseurs espèrent que la Fed pourra atténuer les effets négatifs des droits de douane sur l'économie.
En Europe, l'attention se portera sur les ventes au détail de la zone euro et la production industrielle allemande, tandis que le Royaume-Uni publiera son rapport mensuel sur le PIB, qui devrait montrer un léger rebond économique.
Parallèlement, la Chine publiera des données sur l'inflation et le commerce, ajoutant une couche d'incertitude à un paysage économique déjà volatile.
Réactions des analystes et des économistes
L'escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine continue de peser lourdement sur les marchés financiers, suscitant des craintes de ralentissement économique et d'inflation.
Les investisseurs devront naviguer dans un environnement incertain, où chaque nouvelle annonce pourrait avoir des répercussions significatives sur les marchés mondiaux.
Les analystes financiers expriment des préoccupations croissantes quant à l'impact à long terme de cette guerre commerciale sur l'économie mondiale.
Selon certains experts, les droits de douane pourraient entraîner une hausse des coûts pour les entreprises, ce qui pourrait se traduire par une augmentation des prix pour les consommateurs.
Cela pourrait également freiner la consommation, un moteur clé de la croissance économique.
"Nous sommes à un tournant critique", a déclaré un économiste de la Banque mondiale.
"Si cette escalade se poursuit, nous pourrions voir une contraction de la croissance mondiale.
" Les économistes mettent également en garde contre le risque d'une récession si les tensions commerciales persistent.
Les entreprises pourraient réduire leurs investissements en raison de l'incertitude, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l'emploi et la consommation.
"Les entreprises sont déjà en mode d'attente", a déclaré un analyste de marché.
"Elles hésitent à prendre des décisions d'investissement majeures tant que la situation commerciale reste floue.
"
La séance du jour à Wall street
La chute des actions américaines s'est également intensifiée en raison de l'escalade de la guerre commerciale.
Au moment de la clôture des marchés en Europe, le S&P 500 était en baisse de 4,6 %, le Dow Jones perdait 1 550 points, et le Nasdaq affichait une chute de 4,8 %.
Ces indices ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis mai dernier, prolongeant la tendance baissière observée lors des séances précédentes.
Les grandes entreprises technologiques, souvent perçues comme des baromètres de la santé économique, ont également été touchées.
Des géants comme Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon, Meta, Alphabet et Tesla ont enregistré des baisses significatives de leurs actions, reflétant l'inquiétude des investisseurs face à l'incertitude économique.
Les consommateurs pourraient également ressentir les effets de cette guerre commerciale.
Les droits de douane sur les biens importés pourraient entraîner une hausse des prix à la consommation, ce qui pourrait réduire le pouvoir d'achat des ménages.
Les économistes estiment que si les entreprises répercutent ces coûts sur les consommateurs, cela pourrait freiner la consommation, qui représente une part importante du PIB.
"Les consommateurs sont déjà confrontés à des pressions inflationnistes", a déclaré un analyste.
"Une augmentation supplémentaire des prix pourrait les amener à réduire leurs dépenses, ce qui serait préjudiciable à l'économie.
".
0 Commentaire