Dès qu'une nouvelle technologie apparait, il est bien naturel pour un investisseur privé, comme professionnel, de se demander s'il est possible d'accompagner une nouvelle poche de croissance en bourse.

Dans le cas de l'automobile électrique, il ne faut ni partir trop tôt, ni trop tard.
La première étape consiste à se demander si la dite technologie trouve une application homogène au niveau industriel ou pas.
Les nouvelles normes dans l'électronique grand public par exemple ou en matière environnemental sont tellement nombreuses qu'un ou plusieurs acteur(s) ne peut l'exploiter commercialement.
En matière de propulsion électrique, c'est la même chose, divers types de batteries sont à l'étude.
Il n'y aura donc pas sur le principe un ou quelques acteurs qui profiteront de l'explosion commerciale d'un nouveau produit.
Ensuite, en matière de propulsion électrique, plusieurs défis sont à relever : le premier, et il est de taille, tient au fait que l'automobile est un outil de liberté, ce qui signifie que son utilisateur ne tolère pas que son véhicule puisse tomber en panne fréquemment.
Or, si vous faites le test de la recharge rapide de batterie en Ile de France, vous vous apercevrez rapidement que les bornes sont dans 7 à 8 cas sur 10 en dérangement, pratique ! Le deuxième défi, et il est lié à ce problème de recharge, est la question de l'autonomie des batteries.
En effet, aujourd'hui, excepté le constructeur californien Tesla qui propose des modèles qui disposent de 400 km d'autonomie (ce qui est de toute façon très faible), la moyenne tourne autour de 150 km.
Deux conséquences : les véhicules concernés ne peuvent remplacer les véhicules existants, on sera donc sur une cible de véhicules de flottes ou de deuxième véhicule.
Par ailleurs, la technologie qui permettra d'aller vers les 1000 kilomètres d'autonomie parallèlement à une possibilité de recharge rapide ne sera pas disponible avant longtemps.
On peut noter, au sujet de la non-substitution du véhicule existant, qu'à Paris, la solution Autolib est utilisée à 75% par des gens qui n'avaient pas de voiture ! Les mauvaises langues pourraient même en déduire qu'autolib accroit le nombre de véhicules qui circulent ! C'est le comble quand on sait pourquoi le système a été mis en place à Paris….
Alors sous quel angle peut-on attaquer le sujet en tant qu'investisseur ? Pour ce qui est des batteries, plusieurs technologies coexistent, les groupes sont japonais ou Chinois, et très peu sont des « pure players », c'est-à -dire que très peu ne sont pas noyés dans des conglomérats.
Ensuite, les constructeurs eux-mêmes, cela serait partir beaucoup trop tôt, sûrement 10 ans trop tôt, et encore il faudra attendre une rupture technologique et donc l'émergence d'un nouveau nom.
La solution, si on veut vraiment acquérir des actions d'un groupe automobile ? C'est d'être actionnaire de TOYOTA sur le long terme, car leur génie a été de concilier sociologie et technologie à travers le système hybride.
En effet pas besoin d'attendre « le grand soir » en terme d'autonomie pour les batteries, elle est présente « en support » du moteur thermique, ainsi chacune des améliorations dans le temps permettra d'annoncer une moindre consommation d'essence, donc de bâtir une image positive de constructeur qui réduit l'impact écologique au fil du temps.
texte signé par Gérard Moulin, gérant du fonds Delubac Exceptions Pricing Power.
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