Les marchés boursiers européens ont enregistré une chute significative jeudi, en réponse à une vague d'aversion au risque qui a balayé les places financières mondiales.

Cette réaction a été déclenchée par l'annonce par le président américain Donald Trump de l'instauration de droits de douane de 10 % sur presque toutes les importations aux États-Unis, une mesure bien plus sévère que ce que les analystes avaient anticipé.
Les nouveaux droits de douane, qualifiés de "réciproques", ont suscité des inquiétudes quant à une possible escalade d'une guerre commerciale à grande échelle.
Selon une étude de l'Université de Yale, ces mesures pourraient entraîner une baisse du PIB américain de 0,5 point de pourcentage d'ici 2025.
De plus, l'ensemble des mesures tarifaires envisagées pour cette année pourrait réduire la croissance économique de 0,9 point.
Les prix à la consommation pourraient également augmenter de 2,3 % en raison de ces nouvelles taxes.
L'Union européenne et la Chine ont déjà exprimé leur intention de riposter aux mesures douanières américaines, plongeant ainsi les marchés dans une incertitude accrue.
Les responsables de la politique monétaire ont indiqué qu'ils attendraient des signes concrets de l'impact de ces mesures sur l'économie avant de prendre des décisions.
Les Bourses européennes plongent après l'annonce de nouveaux droits de douane américains
À Paris, l'indice CAC 40 a chuté de 3,31 %, atteignant 7 598 points, marquant sa plus forte baisse quotidienne depuis mars 2023.
Le Dax allemand a reculé de 3,08 %, tandis que le FTSE britannique a enregistré une baisse de 1,55 %.
L'indice EuroStoxx 50 a terminé la séance avec une perte de 3,61 %, et le FTSEurofirst 300 a affiché une baisse de 2,7 %, le Stoxx 600 reculant de 2,67 %, son plus fort repli en une seule séance depuis le 2 août.
La plupart des secteurs européens ont été sous pression, avec les banques, la technologie, l'industrie et les matières premières parmi les plus touchés.
En revanche, les secteurs défensifs, tels que les utilities, ont mieux résisté.
STMicroelectronics et Stellantis ont enregistré des baisses de plus de 8 %, tandis qu'EssilorLuxottica a perdu 7,21 % en raison des nouvelles taxes sur les importations, les États-Unis représentant 45 % de ses revenus.
Sanofi a également vu son action reculer de 0,68 % à 99,72 euros.
Bien que le secteur pharmaceutique ne soit pas encore touché par les nouvelles taxes, des analystes estiment que des droits de douane supplémentaires pourraient être envisagés à l'avenir.
Par ailleurs, Sanofi a annoncé que la FDA américaine a accordé une désignation de médicament orphelin à son produit rilzabrutinib pour le traitement de deux maladies rares.
À l'inverse, Eurofins Scientific a enregistré une hausse de 1,40 % à 49,33 euros, se démarquant dans un marché en déclin.
Sur le plan macroéconomique, les indices des directeurs d'achat (PMI) en France et en Allemagne ont montré des signes de croissance.
En France, le PMI composite a atteint 48 en mars, dépassant les attentes de 47, tandis qu'en Allemagne, il s'est établi à 51,3, également au-dessus des prévisions.
Dans la zone euro, le PMI composite a atteint 50,9, contre un consensus de 50,4.
Les prix à la production industrielle ont légèrement augmenté en février, avec une hausse de 0,2 % dans la zone euro et de 0,3 % dans l'UE par rapport à janvier.
En revanche, aux États-Unis, le PMI composite est resté stable à 53,5, tandis que le nombre d'inscriptions hebdomadaires au chômage a diminué à 219 000, contre une attente de stabilité à 225 000.
La séance du jour à Wall street
Les marchés actions américains ont subi une chute marquée après que le président Donald Trump a annoncé l'instauration de nouveaux droits de douane "réciproques".
Cette décision, qui vise à intensifier les tensions commerciales à l'échelle mondiale, a provoqué une réaction immédiate sur les marchés.
À la clôture des marchés européens, le Dow Jones affichait une perte d'environ 3,35%, se stabilisant à 40 800 points, tandis que le Nasdaq a chuté de 5,30%, atteignant 16 670 points.
Les entreprises technologiques, particulièrement celles ayant une forte dépendance à l'Asie pour leur chaîne d'approvisionnement, ont été parmi les plus touchées.
Apple, qui a longtemps bénéficié d'une position privilégiée, a vu son action plonger de 8,66%, se chiffrant à 204,51 dollars.
Cette chute est d'autant plus significative que, contrairement à la première administration Trump, Apple ne bénéficie pas d'exemptions sur les nouveaux droits de douane.
D'autres entreprises comme Nike et Lululemon ont également enregistré des baisses proches de 10% en avant-Bourse, en raison de l'impact des nouvelles surtaxes sur les importations en provenance de pays clés tels que le Vietnam, l'Indonésie et la Chine.
Le secteur aérien américain pourrait également faire les frais de cette guerre commerciale.
Les compagnies comme Jetblue, Alaska Air et American Airlines s'attendent à des baisses de plus de 4%, tandis que United Airlines et Delta pourraient reculer de plus de 5%.
Les analystes estiment qu'une détérioration de la situation économique pourrait inciter les consommateurs à réduire leurs déplacements en avion, aggravant ainsi la situation pour ces compagnies.
Les nouveaux droits de douane annoncés par Trump sont particulièrement élevés : 46% sur les importations en provenance du Vietnam, 49% sur celles du Cambodge, 37% sur celles du Bangladesh et 32% sur celles d'Indonésie.
Pour la Chine, les droits de douane s'élèvent à 34%, s'ajoutant aux 20% déjà en vigueur.
Ces augmentations devraient avoir des répercussions significatives sur les coûts d'importation et, par conséquent, sur les prix pour les consommateurs américains.
Sur le plan économique, les États-Unis ont enregistré un déficit de la balance commerciale de 122,70 milliards de dollars en février, légèrement supérieur aux attentes du marché qui tablaient sur 122,50 milliards.
En janvier, le déficit était de 130,70 milliards de dollars.
Par ailleurs, le nombre d'inscriptions hebdomadaires au chômage a atteint 219 000, en baisse par rapport aux prévisions qui anticipaient un chiffre stable à 225 000.
L'indice des directeurs d'achat (PMI) pour le secteur non manufacturier a également montré des signes de ralentissement, tombant à 50,8 en mars, après un chiffre de 53,5 en février.
En revanche, le PMI Composite, qui englobe les secteurs manufacturier et des services, est resté conforme aux attentes à 53,5, en hausse par rapport à 51,6 le mois précédent.
L'indice des services a également progressé, atteignant 54,4 après 51,0 en février.
Enfin, les stocks américains de gaz ont augmenté de 29 milliards de pieds cubes au cours de la semaine écoulée, dépassant les prévisions d'une hausse de 27 milliards de pieds cubes, après une augmentation de 37 milliards la semaine précédente.
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