Wall Street se dirigeait vers une ouverture en forte baisse jeudi, après que le président Donald Trump a annoncé des droits de douane massifs sur les importations, marquant un tournant protectionniste sans précédent pour la première puissance économique mondiale depuis près d'un siècle.

Cette décision suscite des inquiétudes quant à l'impact potentiel sur l'économie mondiale et les relations commerciales.
Wall Street s'achemine vers une forte baisse après les annonces de Trump sur les droits de douane
Mercredi, Trump a dévoilé une série de nouveaux droits de douane, qualifiés de "réciproques", d'au moins 10 % sur toutes les importations aux États-Unis.
Parmi les mesures les plus marquantes, des droits de douane de 20 % ont été imposés sur les produits en provenance de l'Union européenne, tandis que ceux venant de Chine seront soumis à des droits de 34 %.
Ces mesures visent à protéger l'industrie américaine, mais elles pourraient également entraîner une hausse des prix pour les consommateurs américains et déclencher une guerre commerciale à l'échelle mondiale.
Les analystes s'inquiètent des conséquences de ces droits de douane sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, en particulier dans des secteurs comme l'automobile, l'électronique et le textile, où de nombreux produits sont fabriqués à l'étranger avant d'être importés aux États-Unis.
Les partenaires commerciaux des États-Unis ont rapidement réagi à ces annonces.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré que l'UE préparait des contre-mesures pour protéger ses intérêts et ses entreprises si les négociations échouaient.
Elle a souligné que l'UE ne resterait pas les bras croisés face à ces mesures unilatérales.
De son côté, le ministère chinois du Commerce a annoncé que Pékin prendrait également des mesures pour défendre ses droits et ses intérêts, sans préciser la nature de ces contre-mesures.
Les tensions entre les États-Unis et la Chine, déjà exacerbées par des différends commerciaux antérieurs, pourraient s'intensifier, augmentant le risque d'une guerre commerciale prolongée.
Les marchés boursiers ont réagi négativement à ces annonces.
Les contrats à terme des trois principaux indices boursiers américains indiquaient une chute significative : le S&P 500 perdait 3,50 %, le Nasdaq, dominé par la technologie, dévissait de 4 %, et le Dow Jones abandonnait 2,90 %.
Ces baisses reflètent l'inquiétude des investisseurs face à l'incertitude économique et aux implications potentielles des droits de douane sur les bénéfices des entreprises.
En Europe, le CAC 40 à Paris recule de 3,10 %, le DAX à Francfort de 2,40 %, et le FTSE à Londres de 1,50 %.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perdait 2,30 %, tandis que l'EuroStoxx 50 reculait de 2,90 %.
Ces baisses généralisées témoignent d'une aversion au risque croissante parmi les investisseurs.
La plupart des secteurs européens étaient sous pression, avec les banques, la technologie, l'industrie et les matières premières parmi les plus touchés.
Les valeurs sensibles au cycle économique, comme les banques, ont particulièrement souffert, enregistrant des baisses de 4,1 %.
Le secteur du luxe a également été durement touché, avec une chute de 4,3 %, en raison des craintes que les droits de douane n'affectent les ventes de produits haut de gamme.
Dans le CAC 40, Schneider Electric, Legrand et EssilorLuxottica figuraient parmi les plus grands perdants, enregistrant des baisses de 5 % à 7,7 %.
À l'inverse, des entreprises comme Orange, Danone et Eurofins Scientific ont vu leurs actions progresser de 2,5 % à 3,6 %, profitant d'un contexte de recherche de valeurs défensives.
Les équipementiers sportifs, tels qu'Adidas et Puma, ont également subi des pertes importantes, entre 9 % et 10 %, en raison des nouveaux droits de douane touchant des pays clés pour leur approvisionnement, notamment le Vietnam, l'Indonésie et la Chine.
Les annonces de Trump devraient occulter les prochains indicateurs économiques, dont l'ISM des services et le rapport mensuel sur l'emploi américain, qui sont pourtant cruciaux pour évaluer la résistance de l'économie américaine face à une éventuelle guerre commerciale.
Les investisseurs attendent ces données avec impatience, car elles pourraient influencer les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale.
En France, l'indice des directeurs d'achat (PMI) Composite a atteint 48 en mars, dépassant légèrement le consensus de 47.
Cet indice, qui combine les secteurs manufacturier et des services, indique une contraction modérée de l'activité économique, mais montre des signes d'amélioration par rapport à février, où il était de 45,1.
Le PMI des services a également progressé, atteignant 47,9, contre une prévision de 46,6, ce qui suggère une légère reprise dans ce secteur clé.
En Allemagne, le PMI Composite a été de 51,3 en mars, dépassant les attentes de 50,9 et indiquant une expansion de l'activité économique.
Le PMI des services s'est élevé à 50,9, contre une prévision de 50,2, ce qui témoigne d'une résilience dans le secteur des services allemand, malgré les incertitudes économiques.
Dans la zone euro, le PMI Composite a également montré une légère amélioration, atteignant 50,9 en mars, contre un consensus de 50,4.
Cela indique que l'économie de la zone euro reste en territoire d'expansion, bien que de manière modeste.
Le PMI des services a atteint 51, un chiffre supérieur aux attentes, suggérant que le secteur des services continue de soutenir la croissance économique.
Les prix à la production industrielle ont augmenté de 0,2 % dans la zone euro en février, et de 0,3 % dans l'UE, par rapport à janvier.
Ces chiffres, publiés par Eurostat, montrent une légère décélération par rapport à la hausse de 0,7 % dans la zone euro et de 0,8 % dans l'UE observée en janvier.
En glissement annuel, les prix à la production ont augmenté de 3 % dans la zone euro et de 3,1 % dans l'UE par rapport à février 2024, ce qui pourrait indiquer des pressions inflationnistes persistantes.
Les marchés attendent également des données économiques importantes aux États-Unis, notamment les inscriptions hebdomadaires au chômage et la balance commerciale pour le mois de février, qui seront publiées à 14h30.
Ces chiffres fourniront des indications sur la santé du marché du travail et l'état de l'économie américaine face aux tensions commerciales croissantes.
À 15h45, l'indice des directeurs d'achat (S&P) pour le secteur des services et l'indice Composite pour mars seront publiés, suivis de l'indice des directeurs d'achat (ISM) pour le secteur des services à 16h.
Ces indicateurs sont cruciaux pour évaluer la dynamique économique et pourraient influencer les attentes concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale.
À 16h30, les données sur l'évolution hebdomadaire des stocks de gaz aux États-Unis seront également publiées, ajoutant une autre dimension aux préoccupations économiques, notamment en ce qui concerne l'énergie et l'inflation.
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