Les Bourses européennes connaissent une nouvelle journée délicate ce jeudi, la place parisienne accentuant son retard face à ses voisines.

Tandis que l'Euro Stoxx 50 lâche 1,3% à 4970 points, le CAC 40 s'enfonce de 1,9%.
Une sous-performance notable qui tranche avec l'euphorie persistante de Wall Street.
Outre-Atlantique, les records s'enchaînent à nouveau, le S&P 500 gagnant 0,3% et le Nasdaq bondissant de 0,7%.
Les investisseurs semblent profiter du repli européen pour se repositionner davantage sur les valeurs américaines, sans toutefois délaisser complètement les actions.
Cette confiance outrancière des opérateurs trouve notamment sa source dans les derniers chiffres de l'inflation américaine.
Les prix à la production reculent en effet de 0,2% en mai, alors que les économistes anticipaient une hausse de 0,1%.
Sur un an, leur progression revient à 2,2%.
L'indice "core", qui exclut les éléments volatils, est stable sur un mois à +3,2%.
Ces données confortent le scénario d'une désinflation en cours, déjà intégré par la Réserve fédérale.
Celle-ci relève mercredi ses prévisions de taux pour 2024, n'anticipant désormais plus qu'une seule baisse.
Un durcissement de ton qui ne refroidit pas l'appétit pour le risque à Wall Street.
Du côté des statistiques européennes, c'est la déception qui prévaut après la publication d'un repli inattendu de 0,1% de la production industrielle dans la zone euro en avril.
Un signal défavorable alors que l'inflation espagnole, mesurée aux normes européennes, confirme son niveau élevé de 3,6% sur un an.
Dans ce contexte, les prochaines décisions de la BCE sur les taux seront très scrutées par les marchés pour juger de l'alignement de sa politique avec celle, restrictive, affichée par la Fed.
Une chose est sûre, la dégradation récente du climat politique français n'incite pas les capitaux à se positionner à Paris pour l'instant.
Le S&P 500 et le Nasdaq grimpent après les données de l'IPP
Les marchés actions américains connaissent une séance en ordre dispersé jeudi, alors que les investisseurs digèrent les dernières données sur l'inflation et la décision très attendue de la Réserve fédérale sur les taux d'intérêt.
Actuellement, l'indice S&P 500 progresse de 0,3% à 5430 points tandis que le Nasdaq gagne 0,7% à 17730 points, soutenus par des poids lourds technologiques comme Nvidia (+2,1%) et Tesla (+5,8%).
Le Dow Jones recule quant à lui d'environ 120 points (-0,4%).
Ces mouvements contradictoires font suite à la publication des chiffres de l'indice des prix à la production pour mai, qui ont montré un ralentissement plus marqué que prévu de la hausse des prix de gros.
Cette donnée clé relance les spéculations sur de nouvelles baisses de taux par la Fed d'ici la fin de l'année afin de soutenir l'économie.
La veille, la banque centrale américaine avait en effet maintenu les taux inchangés mais avait abaissé ses prévisions de baisse des taux pour 2024, passant de trois hausses anticipées à une seule.
Son président Jerome Powell avait toutefois estimé que des "progrès bienvenus" avaient été accomplis sur le front de la lutte contre l'inflation trop élevée.
Sur le front des valeurs, la journée est marquée par un bond de 13% pour Broadcom, qui a relevé ses prévisions de revenus pour les puces d'intelligence artificielle et annoncé un fractionnement d'actions par 4.
Le géant des semi-conducteurs Nvidia (+2,1%) profite également de cette tendance favorable pour le secteur des puces d'IA.
Tesla (+5,8%) est soutenu par l'approbation par les actionnaires du plan de rémunération massif de 56 milliards de dollars pour son dirigeant Elon Musk, ainsi que par l'annonce de nouveaux projets d'usines au Texas.
À l'opposé, Virgin Galactic dégringole de 12% après avoir fait part d'un regroupement d'actions visant à relever son cours de Bourse.
Dans l'ensemble, cette séance mitigée semble refléter les interrogations persistantes des investisseurs sur les perspectives économiques à moyen terme, entre ralentissement de l'inflation mais aussi signes de fragilisation de l'activité.
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